Principales étapes d’une démarche d’EIT

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La mise en place d’une démarche d’EIT s’inscrit sur le moyen terme et nécessite généralement 3 à 4 ans pour se mettre en place durablement.
 

1 – Initier la démarche

L’ADEME accompagne les collectivités et les groupements d’entreprises souhaitant se lancer dans une démarche d’EIT en cofinançant une étude de préfiguration pour déterminer les conditions de réalisation de la démarche. L’objectif de cette étude de préfiguration est de bien préciser les enjeux et les caractéristiques du territoire, en identifiant les différents acteurs en présence et en analysant les forces, faiblesses et opportunités.

Une fois cette étude réalisée et si elle est favorable, alors il est nécessaire d’avoir un poste d’animateur pour lancer la démarche. Véritable facilitateur, l’animateur créera des liens de confiances entre les acteurs afin de faire émerger des synergies. Pour cela, l’ADEME peut financer un poste d’animateur d’une démarche EIT pour 3 ans.


2 – Lancer la démarche et l’animer

Historiquement, les premières étapes des projets EIT consistaient en une analyse exhaustive des flux de matière et d'énergie des entreprises, pour identifier des synergies potentielles puis en étudier la faisabilité et en déduire un plan d'actions. Cette étape s'avérant chronophage, aujourd'hui le lancement concret de la démarche débute plutôt par un événement phare : l’atelier inter-entreprises, piloté par l'animateur EIT, qui réunit les entreprises et leur permet d’échanger volontairement sur certains de leurs flux, et donc d’identifier rapidement des synergies potentielles. Cet atelier est précédé d’une phase très importante de mobilisation des entreprises, s’appuyant sur les partenaires, via du mailing, phoning, visites, etc. Cette approche, plus dynamique, ne doit pas être considérée comme suffisante car les nombreuses pistes identifiées lors d'un atelier n'aboutiront pas systématiquement.

Au-delà du lancement, tout l’enjeu pour l’animateur consiste ensuite à faire émerger des concrétisations de synergies en accompagnant les entreprises. Pour cela, l’animateur doit renouveler régulièrement des temps d’échanges collectifs (groupes de travail thématiques, enchères, visites, …) pour maintenir la dynamique. Enfin, il peut également s’appuyer sur l’expertise d’acteurs locaux pour faire avancer certaines synergies complexes (laboratoires, centres techniques, DREAL, bureaux d’études, solutions providers, etc.). Ceci doit amener l'animateur à développer progressivement une certaine vision du métabolisme de son territoire, afin d'identifier les enjeux ressources prioritaires de son territoire.


3 – Évaluer et pérenniser la démarche

Lorsque des synergies ont été concrétisées, il est important que l’animateur assure leur suivi et leur évaluation en termes de bénéfices environnementaux, € et emplois. En effet force est de constater qu’actuellement peu de démarches EIT font l’objet d’un reporting systématique. Pour appuyer ce travail, l’animateur dispose de l’outil ELIPSE, référentiel d’évaluation des démarches d’EIT, piloté par OREE. Via une plateforme gratuite en ligne, un panel d’une trentaine d’indicateurs (dont une vingtaine obligatoires) servent de support à sa démarche d’évaluation, qu’il pourra utilement co-construire avec ses partenaires. A noter que cet exercice d'évaluation peut démarrer sans attendre la concrétisation de premières synergies, certains indicateurs permettant de questionner avant tout la méthode du projet et sa gouvernance.

Cet exercice d’évaluation doit également lui servir à communiquer largement sur les résultats de sa démarche pour partager son retour d’expériences, notamment au sein du réseau Synapse.

L’association OREE, en partenariat avec l’ADEME, a lancé en 2017 un état des lieux de l’EIT en France en se basant sur les évaluations réalisées sur l’outil ELIPSE. Ainsi 64 démarches d’EIT ont été évaluées et ont permis de tirer certaines conclusions à l’échelle nationale : 
          - Plus de la moitié 
des DEIT ont d’ores et déjà intégré de nouvelles entreprises ;
          - La moitié des évalués ont pu bénéficier de nouveaux clients grâce à des services mutualisés ou de nouveaux marchés qui se sont développés ;
          - 30% des démarches ont créé de nouvelles activités.

Si vous souhaitez avoir plus d’informations sur les impacts positifs de l’EIT en terme d’emplois, d’économie ou de synergies, vous pouvez retrouver l’ensemble des résultats de cet état des lieux publié en septembre 2020 au lien suivant.

Enfin, la pérennisation de la démarche et de son modèle économique est une question cruciale pour le devenir de la démarche, et doit si possible être réfléchi dès le lancement de la démarche. En effet, les animateurs EIT sont généralement co-financés sur fonds publics (ADEME, Régions, collectivités locales, ...) sur des durées de 3 ans, il est donc nécessaire qu’à l’issue de ce délai la démarche d’EIT ait pu construire son modèle économique et évolué au maximum vers de l’auto-financement.

Les bureaux d’études Mydiane et Auxilia se sont associés au Pôle des éco-industries pour réaliser une étude sur les conditions de la pérennité des démarches d’EIT. Appuyée sur des retours d’expérience et des témoignages, l’enquête publiée en mars 2018 s’intéresse à trois dimensions : la pérennité économique, la pérennité organisationnelle (gouvernance) et la pérennité opérationnelle (activités et réalisations concrètes). Pour en savoir plus, consultez l'étude complète.


4 – Élargir et diffuser la démarche

Pour se maintenir dans le temps, une démarche d’EIT doit évoluer et s’enrichir :

  • de nouvelles entreprises, pour faire émerger de nouvelles synergies
  • de nouveaux partenaires, pour élargir le type d’acteurs mobilisés (exemple : cible agricole…)
  • de nouveaux territoires, en interagissant avec des démarches d’EIT voisines
  • d’une nouvelle gouvernance.
     

Le projet d’écologie industrielle Biotop  est né en 2010 de la conviction de chefs d’entreprises que les démarches environnementales individuelles des entreprises doivent devenir collectives et que les évolutions doivent être anticipées pour ne pas les subir. Alors porté par le Club d’Entreprises de Périgny, l’éco réseau s’est tout d’abord développé à l’échelle de la Zone Industrielle de Périgny. En 2013, Biotop a élargi son champ d’action au territoire de la Communauté d’Agglomération de La Rochelle. Le Club d’Entreprises de Périgny a alors transmis à l’association Sphère(s) la gestion et le développement de son projet, depuis devenu une démarche opérationnelle éprouvée et reconnue.