L’EIT : qu’est-ce que c’est ?

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Pilier de l'économie circulaire, l'écologie industrielle et territoriale vise à optimiser les ressources sur un territoire, qu'il s'agisse d'énergies, d'eau, de matières, de déchets mais aussi d'équipements et d'expertises, via une approche systémique qui s'inspire du fonctionnement des écosystèmes naturels.

Ainsi, à une échelle territoriale donnée (zone industrielle, agglomération…), et quel que soit son secteur d’activité, chacun peut réduire son impact environnemental en optimisant et/ou valorisant les flux (matières, énergies, effluents, ...) qu’il emploie et qu’il génère. Concrètement, c’est ainsi que vos déchets et co-produits peuvent devenir une matière première dans une autre activité, ou que votre énergie peut provenir de la chaleur fatale d’un site voisin.


L’EIT s’appuie donc sur l’étude de la nature, de la provenance et de la destination des flux pour identifier et développer des synergies inter-entreprises. L’un des enjeux forts de l’EIT consiste donc à faire se rencontrer les entreprises, et plus largement l’ensemble des acteurs économiques, pour instaurer un climat de confiance propice à la circulation de l’information et à l’émergence de telles synergies, d’où le rôle clé de l’animateur de la démarche d’EIT.

L’EIT, par ses démarches collectives et volontaires menées sur un territoire en vue d’en optimiser les ressources, réconcilie ainsi développement économique et meilleur usage des ressources, en privilégiant l’ancrage des activités et de l’emploi dans les territoires.

Un peu d’histoire

L’expression d’écologie industrielle est apparue dans les années 1960, et s’est traduite dans les années 70 par une première expérience mondiale sur le site de Kalundborg au Danemark, exemple toujours cité comme une référence emblématique en terme de symbiose industrielle. C’est en 1989 que la spécificité de l’écologie industrielle est précisée par R. Frosh et N. Gallopoulos (General Motors) : " Le modèle traditionnel de l’activité industrielle – dans lequel tous les procédés de fabrication utilisent des matières premières, créent des produits qu’il faut vendre et des déchets dont il faut se débarrasser – doit être transformé en un modèle plus intégré :  un écosystème industriel. L’écosystème industriel fonctionnerait par analogies avec les écosystèmes biologiques […]. Dans un tel système, la consommation de matière et d'énergie est optimisée, et les effluents d'un processus servent de matière première à d'autres processus."

En France c’est à la fin des années 90 que des territoires français pionniers expérimentent le concept d’Ecologie Industrielle et Territoriale, comme le Dunkerquois ou l’Aube, au travers de projets de recherche précurseurs s’appuyant sur une communauté de chercheurs dynamique et grâce à un fort soutien des pouvoirs publics. En 2020, on recense en France plus de 150 de démarches actives et 24 au stade de la réflexion.

La crise sanitaire liée à la COVID-19 a permis de montrer l'importance de la coopération entre acteurs. A l'heure où la résilience est devenu le maitre mot pour l'ensemble des secteurs, l'EIT y trouve tout sa place grâce à ses actions de mutualisation et de partage. 

" À l'heure où les problématiques de gestion et de conflits d’usage autour des ressources sont de plus en plus marqués au sein des territoires, notamment en lien avec le tissu industriel, l'EIT apparaît comme un levier de transition et de développement puissant. En près de cinq ans d'existence, la dynamique collective menée au sein de PIICTO nous a permis de mesurer l'étendue des possibilités offertes par le concept d'écologie industrielle en termes de gestion optimisée des flux, de réduction des impacts sur le milieu, d'attractivité, de relations avec les parties prenantes locales mais aussi d'innovation et d'emploi, comme en témoigne l'installation de démonstrateurs industriels de premier plan sur le secteur des énergies renouvelables au sein de notre plateforme d'innovation. Aujourd’hui, ce sont par exemple plusieurs dizaines de milliers de tonnes de matières minérales qui sont chaque année réutilisées et valorisées localement grâce à la mise en place de synergies entre les acteurs industriels de la plateforme. Cette logique de bouclage des flux de matières et d’énergies se retrouve également dans nos travaux et expérimentations en cours sur la valorisation du CO2 à l’échelle de la Zone Industrialo-Portuaire. Les enjeux organisationnels sont omniprésents dans la mise en place de ce type de symbiose territoriale et l'EIT apparaît comme un moyen particulièrement efficace pour transformer ces contraintes en opportunités, que ce soit pour les acteurs économiques comme pour les territoires."

Nicolas Mat, secrétaire général de la Plateforme industrielle et d'Innovation du Caban Tonkin (PIICTO), Décembre 2020


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